Michel Champendal n’est plus

4 mai 2009

Michel Champendal Michel, c’était les EMC. Un éditeur indépendant qui a publié entre autres les “Aventures Mémorables de Pamphile de Milet”, de Gaëtan Rudent dont je fus la muse en son temps. C’est comme ça que j’ai eu affaire à lui. C’était un type expansif, trop peut-être. Son besoin d’être en lien lui faisait distribuer une foule de mots pour tout et pour tous; un type généreux, trop peut-être. Et puis les mots l’ont encerclé, sous la forme d’une stupide faillite, on aurait pu s’y attendre par les temps qui courent. Les petits éditeurs sont quasiment déjà tous tombés. Puis il a tenté une fois de plus de mettre son trop plein en mots, mais en tant qu’écrivain cette fois… Mais les mots se sont dégonflés jusqu’à laisser la place aux maux. Michel me l’avait dit, il n’était pas fait pour être de ce côté de la plume, c’était un libre penseur et un humaniste. Impuissants, on a vu sa barque s’éloigner de la rive, c’est vraiment trop triste. Je l’aimais bien.

http://www.champendal.com/

http://www.champendal.com/hommage.php


Visarte s’expose “In The Box”

24 avril 2009

Poudre aux yeux Poudre aux yeux
A. Genêt, 2009

Visarte se plonge dans la mise en boîte miniature
aux Halles USEGO, Sierre (Valais, Suisse)
du 24 avril au 10 mai 2009.

Le principe? Chaque artiste doit créer une oeuvre qui doit rentrer dans une boîte d’allumettes au format de 1.6 x 3.7 x 5.8 cm. L’oeuvre peut être exposée dans une boîte ouverte, entrouverte ou fermée, mais peut aussi se déployer hors de la boîte.

Unique et originale, cette exposition met en scène les travaux de près de 200 artistes suisses membres de Visarte.suisse.

Jeudi, vendredi de 16h à 19 h
Samedi, dimanche de 14h à 19h

+ d’infos sur http://inthebox1.wordpress.com/

Les  halles USEGO  se trouvent à la Rue du Stade à Sierre, à environ 800 mètres de la gare, le long des voies, direction Sion.


La place des femmes dans l’art

26 février 2009

Une visite s’impose sur blog de la Maison des artistes:

http://mda2008.blogspot.com/2009/02/la-place-des-femmes-dans-les-arts.html


Peter Sloterdijk, nietzschéen de gauche

22 février 2009

Pour ceux que la philososphie contemporaine intéresse, voici un lien vers un entretien avec Peter Sloterdijk réalisé pour Philomag :

http://www.philomag.com/article,entretien,peter-sloterdijk-il-faut-etre-dechire-par-quelque-chose-qui-nous-depasse-pour-penser,216.php

P. Sloterdijk sur Wikipedia:
http://www.petersloterdijk.net/french/index.html

A propos de Williams James (1842-1910) évoqué par P. Sloterdijk au cours de l’entretien:
http://cyclothymieetverite.blogspot.com/2008/04/cyclothymie-bipolarit-et-religion.html


Bienvenue à Charlie

19 février 2009

Vie de famille

Vie de famille, encre de Chine, 13 x 18 cm


Une petite merveille a fait irruption dans le monde: Charlie est né le 9 février

19 février 2009

Il est tout petit, tendre et tout doux, pas bien gros mais très beau, il me fait fondre et se porte à merveille.

Charlie

Ses parents et ses grands parents sont très heureux.


André Marastoni au Phare de Chambéry

19 février 2009

Andre Marastoni, Le Phare

INAUGURATION DU PHARE 016 INAUGURATION DU PHARE Andre Marastoni

La glace était de très mauvaise qualité vu la température trop élevée ce jour là. Les oeuvres ont souffert de craquelures et d’une fonte précoce. André est tout de même parvenu à exécuter  trois sculptures pendant  le week-end, ce qui représente un vrai marathon, mais quoi de plus normal pour un Marastonien?

La pièce maîtresse, La Lentille, était majestueuse, mettant en valeur une fois encore, l’approche spirituelle de l’artiste. Dommage que les organisateurs aient insisté pour qu’il représente également des sujets prosaïques tels une guitare et un saxophone, ce qui ne présente aucun intérêt sur le plan esthétique et n’a strictement rien ajouté à la performance d’André si ce n’est des difficultés techniques mal récompensées.


André Marastoni, sculpteur et ami

24 janvier 2009

Concours international de sculpture sur glace à Valloire, janvier 2009

“L’arbre cosmique”, l’oeuvre d’André Marastoni a obtenu le 2ème prix du Jury ex-aequo et le 2ème prix du Jeune Public:

ARBRE COSMIQUE_ANDRE MARASTONI

Le premier prix du Jury a été décerné à l’Américain Steuart Bremner avec “Promises” qui a également obtenu le 1er prix des Artistes et le 2ème prix du Public :

Promises, Steuart Bremner 


L’imaginaire et les énergies primitives

24 janvier 2009

Commentaires inspirés par la lecture de quelques textes de Kant et de Platon sur l’art :En reniant nos énergies primitives, nous perdons la capacité de nous relier à notre imaginaire.

S’il est entendu que ce qui distingue l’Homme de l’animal, c’est sa capacité de représentation, il n’empêche que c’est à l’état sauvage que se dévoile le génie dans l’œuvre d’art et cet état sauvage rapproche l’Homme de son instinct animal.

A la source de l’œuvre d’art il y a bien une idéation, soit une représentation mentale, mais c’est exclusivement par son intuition, en termes neurologiques l’utilisation du cerveau droit, que l’artiste se soumet à son instinct, c’est-à-dire à son génie (ce qui rejoint la déraison de Platon).

Ce que je nomme ici instinct a quelque chose à voir avec la vacuité de la raison, une pleine disponibilité aux sens. Depuis la petite enfance, la morale nous enseigne à devenir plus raisonnables (à utiliser notre cerveau gauche), plus policé, plus humain (!) ; ceci se fait au détriment de notre animalité et de nos énergies sauvages (le dommage fait au fauve par le domptage selon Nietzsche). Ce qui est sauvage et non éduqué fait partie des valeurs négatives dans nos civilisations judéo-chrétiennes, hors l’instinct est relié aux énergies sauvages.

A la naissance, nous sommes livrés à nos sens, les images qui prennent place dans notre cerveau immature sont puissantes, voire violentes, parce qu’elles ne sont pas accompagnées de mots, elles ne sont pas décodées par le cortex. L’imagination a ici libre cours, les images occupent toute la place. Le nouveau-né vient au monde dans une dépendance totale, il doit passer par une phase de grande vulnérabilité pendant cette période où il est dominé par ses sens. La psychanalyse nous a appris qu’à mettre des mots sur les évènements nous réduisons considérablement leur impact sur nos affects.

Au commencement ressenti et vulnérabilité sont indissociables et si la plupart d’entre nous cherche à être le moins vulnérable possible et à se prémunir des émotions violentes, les artistes, eux sont d’une autre espèce. L’émotion est leur matière première.

L’artiste cherche à exprimer le produit de son imagination, à se donner à « re-connaître » et à offrir en partage quelque chose d’émotionnel qui l’habite. Pour que ce ressenti ait une chance de se transformer en production originale, l’artiste puise son inspiration première dans la masse brute de son imaginaire, dans la partie inculte de son cerveau, celle que la raison n’a pas censuré.

Quelle que soit la nature du génie, c’est en se livrant à une instance reliée à la toute petite enfance, telle l’acuité réceptive d’un nouveau-né que l’artiste peut atteindre son espace de création.

Celui qui prétend être visité par le génie se doit d’être en position de totale réceptivité et de grande sensibilité, il en devient ainsi plus atteignable. Plus la capacité à supporter l’insécurité engendrée par cette ouverture est grande, plus il y a d’espace pour la sensibilité artistique.

Celui qui se trouve doté d’un tel talent l’a-t-il reçu dans son jeune âge, lors qu’il était dans une sorte d’état de vacuité, le génie tel un dieu de l’Olympe sautant traîtreusement dans la brèche ?

Faut-il que la souffrance accompagne nécessairement la création ?

Est-il également possible à force de rêverie de livrer son esprit à un génie ?

L’état de rêverie est-il ligoté à la nostalgie ?

(à suivre…)


Nietzsche et l’art

24 janvier 2009

“… (L’art, disons-le par anticipation, car j’y reviendrai plus longuement une autre fois, -  l’art, en quoi le mensonge se sanctifie, en quoi la volonté de tromper a la bonne conscience de son côté, s’oppose à l’idéal ascétique bien plus fondamentalement que la science : c’est ainsi que le ressentit l’instinct de Platon, le plus grand ennemi de l’art que l’Europe ait jamais connu. Platon contre Homère: voilà le vrai, le total antagonisme - d’un côté le volontaire de “l’au-delà”, le grand calomniateur de la vie; de l’autre celui qui ne peut en être que l’adorateur, la nature d’or. C’est pourquoi l’assujettissement de l’artiste à l’idéal ascétique est le comble de la corruption artistique, malheureusement l’une des plus communes : car rien n’est plus corruptible qu’un artiste.) Même au point de vue physiologique, la science repose sur les mêmes bases que l’idéal ascétique : l’un et l’autre supposent un certain appauvrissement de la vie, le refroidissement des sentiments, le ralentissement du rythme, la substitution de la dialectique aux instincts, le sérieux pénétrant les mimiques et les gestes (le sérieux, signe infaillible d’une difficulté accrue des échanges, d’un mauvais fonctionnement de la vie)…”

NIETZSCHE, “La généalogie de la morale”, Que signifient les idéaux ascétiques?
éditions Folio, p. 184.


L’intelligence extra-terrestre

19 décembre 2008

Cité par la philosophe Andrée Barbier:

“La meilleure preuve qu’il y a une intelligence extra-terrestre, c’est que personne n’a jamais essayé de nous contacter”


La maison de Mariette, ou l’art façon shamanique

10 décembre 2008

Coup de foudre pour les poupées de Mariette. Si l’imaginaire ne se met pas à jouer avec ça c’est que l’enfant intérieur en a pris un sacré coup.

Avec une sensibilité et une réceptivité exacerbées, proches de la transe,  l’artiste met intuitivement en scène la partie problématique de son être; se créant à soi-même, par cette représentation, une opportunité de catharsis.

http://realisite.effervesoft.com/lamaisondemariette/ 

Le Chamanisme? : Wikipédia “24 nov 2008 … Le chamanisme ou shamanisme est un système symbolique de médiation entre les êtres humains et les esprits de la surnature. … “


La communication en pratique

13 novembre 2008


Les Deschiens, le bavard
envoyé par carnut

Explorer nos polarités

13 novembre 2008

Citation:

«J’ai de plus en plus le sentiment que le philosophe, pour être nécessairement un homme du demain et de l’après-demain, s’est toujours trouvé et devait se trouver en contradiction avec son aujourd’hui: son ennemi fut à tout coup l’idéal de l’aujourd’hui. Jusqu’à présent, tous ces extraordinaires promoteurs de l’homme qu’on appelle des philosophes et qui se sentent eux-mêmes rarement amis de la sagesse mais plutôt bouffons déplaisants et points d’interrogation dangereux -, ont trouvé leur tâche, leur dure tâche, non voulue, inéluctable, mais finalement la grandeur de leur tâche dans le fait d’être la mauvaise conscience de leur temps. En soumettant précisément les vertus de leur temps à la vivisection et en leur plaçant le scalpel sur la poitrine, ils trahirent ce qui était leur propre secret: découvrir une nouvelle grandeur de l’homme, un chemin nouveau, jamais foulé, menant à l’accroissement de sa grandeur. A chaque fois, ils dévoilèrent combien d’hypocrisie, de commodité paresseuse, de laisser-aller et d’avachissement, combien de mensonge se dissimulait sous le type que la moralité de leur temps vénérait le plus, combien de vertu avait fait son temps chaque fois, ils dirent:

« Il nous faut aller par là, nous en aller tout là-bas, là où vous êtes aujourd’hui le moins chez vous. »»

NIETZSCHE, Par-delà bien et mal, § 212.


La crise monétaire pour les nuls?

30 octobre 2008

Non ça n’est pas seulement pour les nuls, c’est pour la majorité d’entre-nous qu’il faut expliquer comment fonctionne le système monétaire mondial parce qu’on se garde bien de nous l’enseigner. En d’autres termes comment nous en sommes arrivés là, comment les banques nous roulent dans la farine et pourquoi les inégalités sociales se creusent de façon exponentielle. Il y aurait même là une solution…

C’est un film didactique d’animation qui dure 52 mn, ça peut paraître long car tout le monde court après le temps,  mais si vous voulez savoir pourquoi c’est là:



L’Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR)

from Bankster

on Vimeo.

Vos réactions m’intéressent.


On achève bien le progrès

30 octobre 2008


Les Deschiens, internet
envoyé par carnut

Même adresse

25 octobre 2008

theatre guignol

Publié sur le blog de Sarkostique.


Quant-aux fans des saintes écritures

2 octobre 2008

Voici ce que je trouve dans ma boîte électronique ce matin, je ne peux tout de même pas garder ça pour moi , jugez donc: «Récemment, une célèbre animatrice radio états-unienne fit remarquer que l’homosexualité est une perversion. « C’est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination ». C’est clair, non ? « La Bible le dit. Un point c’est tout », affirma-t-elle.

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait :

“Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J’apprends beaucoup à l’écoute de votre programme et j’essaie d’en faire profiter tout le monde. Mais j’aurais besoin de conseils quant à d’autres lois bibliques.

Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c’est indiqué dans le livre de l’Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?

Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu’ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m’éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?

Je sais que je ne suis autorisé à toucher aucune femme durant sa période menstruelle, comme l’ordonne le Lévitique, chapitre 18, verset 19. Comment puis-je savoir si elles le sont ou non ? J’ai essayé de le leur demander, mais de nombreuses femmes sont réservées ou se sentent offensées. J’ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L’Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu’il doit être condamné à mort. Je suis obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante qu’une quelconque manière ?

Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu’on ne peut approcher de l’autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J’ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?

Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différente dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d’aller jusqu’au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d’une réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu’il est indiqué dans le livre sacré,
chapitre 20, verset 14 ?

Je me confie pleinement à votre aide. Merci de nous rappeler que la parole de Dieu est éternelle et immuable.»»


Puisqu’il est question d’entéléchie…

26 septembre 2008

Je me construis
A. Genêt, encre de Chine, détail.Citation:

“Au fond j’ai en horreur toutes ces morales qui disent: “Ne fais point ceci! - Renonce! Surmonte-toi!” - en revanche j’obéirai volontiers aux morales qui me poussent à agir et à agir à nouveau, quitte à ne rêver du matin au soir et la nuit durant que de cela, à ne penser à rien sinon à faire bien et aussi bien qu’il m’est, à moi seul possible de le faire! Qui vit ainsi se détache sans cesse de telle ou telle chose qui ne rentrerait pas dans pareille vie: sans haine ni répugnance, il voit aujourd’hui ceci, demain cela se séparer de lui, pareil aux feuilles jaunies que le moindre souffle un peu vif ôte à l’arbre: ou encore, il ne s’aperçoit pas même de cette séparation, tant son oeil ne fixe rigoureusement que le but, ne regardant absolument que devant soi, et jamais de côté, ni en arrière, ni vers le bas. ” Notre faire doit déterminer ce que nous omettons; en faisant, nous omettons - ainsi il me plaît, ainsi dit mon placitum.” Mais je me refuse à aspirer consciemment à mon appauvrissement, je n’aime aucune de ces vertus négatives dont le désaveu et l’abnégation de soi constituent l’essence.”

NIETZSCHE, Le Gai Savoir.


Les cartes postales des vacances

22 septembre 2008

No comment.

Carte postale Corse 1

Carte postale Corse 2

Carte postale Corse 3

Carte postale Corse 6

Carte postale Corse 7

Carte postale Corse 8


Danse sensitive à Annecy

15 septembre 2008

Les ateliers de Gisèle Aguinaga reprennent à partir d’octobre. Toujours chez Artys à Annecy aux dates suivantes:

Le samedi de 14h45 à 19h
- 18 octobre - 31 janvier - 07 mars - 25 avril - 09 mai - 13 juin

Le dimanche de 9h30 à 13h45
- 16 novembre - 14 décembre.

Contact : 06 69 44 78 41 - 04 50 22 84 85 - E.mail : g.aguinaga1@tiscali.

Pour toute autre information cliquez ici.


La rancoeur est une vermine

12 septembre 2008

Coup de balai
A. Genêt, encre de Chine, détail.

Citation:
« Ne pas pouvoir prendre longtemps au sérieux ses ennemis, ses malheurs et jusqu’à ses méfaits - c’est le signe caractéristique des natures fortes, qui se trouvent dans la plénitude de leur développement et qui possèdent une surabondance de force plastique, régénératrice et curative qui va jusqu’à faire oublier. (Un bon exemple dans ce genre, pris dans le monde moderne, c’est Mirabeau, qui n’avait pas la mémoire des insultes, des infamies que l’on commettait à son égard, et qui ne pouvait pas pardonner, uniquement parce qu’il – oubliait). Un tel homme, en une seule secousse, se débarrasse de beaucoup de vermine qui chez d’autres s’installe à demeure. »

NIETZSCHE, Généalogie de la morale.


J’ai lu: Le fil d’une vie, de Goliarda Sapienza

12 septembre 2008

Goliarda Sapienza

Goliarda est une artiste Sicilienne, elle est comédienne. Le fil d’une vie est un récit autobiographique, celui d’un travail psychanalytique peu ordinaire. C’est une écriture avant tout riche d’images poétiques où se côtoient l’imaginaire, le réel et le rêve sans cloisonnements et sans repères bien évidents pour le lecteur. C’est seulement vers la fin du livre, lorsque la “cure” psychanalytique prend forme que les séquences sont un peu mieux scandées.

Les définitions psychanalytiques y sont prenantes, malgré leur violence, celle imposée aux défenses de la patiente par le médecin est difficilement crédible dans une analyse contemporaine, mais elle appartient aux années 70. Il est également permis de se demander si les interprétations du médecin ne sont pas plutôt filtrées et durcies sous la plume hypersensible de l’auteure.

En cette quarantaine d’années qui nous séparent de ce traitement, la psychanalyse a instauré une plus grande distance dans le transfert et le contre-transfert qui se jouent entre le patient et le thérapeute, et c’est heureux s’il on en juge par le drame qui conclue cette “non cure” et renvoie la patiente à son désespoir suicidaire. 
Dans le récit le médecin semble aussi amoureux que sa patiente et la pénètre brutalement par ses interprétations. La dépendance avec le thérapeute est totale et l’acte sexuel serait peut-être la seule issue libératrice et destructrice d’une telle proximité. A la fin le médecin devient cassant pour échapper à la frustration de ce désir de fusion. Soigner l’autre pour se sauver soi-même? Deux épisodes en font la démonstration, celui où il dit souhaiter qu’elle le gifle, même s’il y met un bémol, et celui où il encourage  la patiente à se  mettre nue pour la rassurer sur sa capacité de plaire. Il est voyeur, elle s’exhibe, là il est difficile de ne pas déceler l’investissement trop personnel du thérapeute. D’ailleurs, c’est à la suite de ces séquences qu’il décide d’interrompre le traitement, il reconnaît son échec. C’est une véritable trahison qui se joue et la relation prend des airs de drame d’opéra. Elle l’aime, il se fait désirer, il l’aime (dit-il) et il s’enfuit, affolé par sa création. Il la condamne par là où il prétend la sauver. Il la fouille, la vide et l’abandonne, dangereux thérapeute. Il approche de trop près le noyau incandescent, l’oeil du volcan, le cratère de vie et la patiente y perd presque la sienne. Il s’égare dans son propre désir de transformer l’autre, qui n’est rien moins que de vouloir le ramener à sa propre dimension. Un soi qui juge la partie malade de l’autre comme nocive, à éradiquer sans retenue.
Ce que peut la psychanalyse ? Se connaître, se reconnaître, s’apprendre et adoucir ainsi sa peine, oui.  L’abandon est moins douloureux si les émotions identifiées se rapportent plus à l’enfance qu’à la réalité. La douleur survient mais son codage s’en trouve amorti. L’emphase dramatique perd de son ampleur. Mais ici, il s’agit d’une artiste et ce sens tragique, cette sensibilité extrême est le souffle vital de son existence, on ne peut la lui enlever sans lui ôter son identité. Cette expérience lui aura probablement offert un peu d’espace vital, mais à quel prix? Ceci étant, Goliarda Sapienza en aura fait son miel en bonne artiste qu’elle est. Ce très fort récit autobiographique en est la preuve.

Avec Goliarda, rien n’est vécu dans la modération, tout avec elle est porté au paroxysme, la vie est toujours très proche de la mort. Le style d’écriture très libre est un peu difficile à suivre, mais le lecteur se trouve récompensé de son effort. Goliarda pose des images d’enfance indélébiles, des sensations, des goûts, des couleurs, des lumières, des émotions, de la chair et du sang, mais aussi de l’histoire. On ne peut mieux pénétrer dans une famille sicilienne intellectuelle pendant la période fasciste, que par la voix de cette petite fille dont l’expressionnisme est total. 

Editions Viviane Hamy / février 2008.


La culture de soi

12 septembre 2008

Ouverture sensible
A. Genêt, encre de Chine, détail.

Citation :
« Avoir des sens et un goût plus affinés, être habitué à ce qu’il y a de plus recherché et de meilleur, comme à sa vraie nourriture naturelle, jouir d’un corps robuste et hardi, destiné à être le gardien et le soutien, plus encore l’instrument d’un esprit plus robuste encore, plus téméraire, plus amoureux du danger: qui ne voudrait posséder un tel bien, vivre un pareil état! Mais il ne faut pas se le dissimuler, avec un tel lot, dans un pareil état, on est l’être le plus apte à la souffrance qui soit sous le soleil et c’est à ce prix seulement qu’on acquiert cette distinction rare d’être aussi l’être le plus apte au bonheur qui soit sous le soleil. Sur un tel homme se déversent comme un interminable tourbillon de neige toutes les variétés de la souffrance, et sur lui s’abattent les foudres les plus violentes de la douleur. C’est à la condition de demeurer toujours ouvert de toute part et perméable jusqu’au fond à la douleur qu’il peut s’ouvrir aux variétés les plus délicates et les plus hautes du bonheur; car il est l’organe le plus sensible, le plus irritable, le plus sain, le plus variable et le plus durable de la joie et de tous les ravissements raffinés de l’esprit et des sens. »

NIETZSCHE, Volonté de Puissance, 2, p. 361


Le domptage du fauve

11 septembre 2008

Le fauve
A. Genêt, encre de Chine, détail

Citation:
“Pour juger équitablement de la morale, il nous faut la remplacer par deux concepts zoologiques: le domptage du fauve et la sélection d’une race définie. 

Les prêtres, de tout temps, ont prétexté qu’ils voulaient « améliorer » l’homme… Mais nous ririons, nous autres, si un dompteur voulait nous parler de ses animaux « améliorés ». Le plus souvent, le domptage du fauve s’obtient par un dommage fait au fauve: l’homme moral non plus n’est pas un homme meilleur, mais un homme débilité. Mais il est moins nuisible…”

NIETZSCHE, La Volonté de Puissance.


Nietzsche, sur la création artistique

22 août 2008

Ancrage
A. Genêt, “Ancrage”, détail, encre de Chine.

Citation:
“Tout ce qui est conçu, imaginé poétiquement, peint ou composé en musique, ou même construit et formé, relève soit de l’art monologué, soit de l’art devant témoins. Dans cette dernière catégorie, il faut également ranger cet apparent art monologué, qui implique la croyance en Dieu, toute la lyrique de la prière : car pour un esprit pieux, il n’y a point encore de solitude – cette dernière invention ne date que de nous autres sans-Dieu. Je ne connais pas de plus profonde différence dans l’optique intégrale d’un artiste : savoir si c’est du point de vue du témoin qu’il considère son œuvre en progrès – qu’il se considère « soi-même » ou si au contraire il « a oublié le monde » : ce qui est essentiel à tout art monologué – art qui réside dans l’oubli, art qui est musique de l’oubli.”

NIETZSCHE, le Gai Savoir, p.386. 

 


La métaphore de la clairière pour les nuls

12 août 2008

Pour en savoir un peu sur Sloterdijk quand il cite la clairière de Heidegger et pour visiter un blog qui vaut le détour:

http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2006/09/21/bloguer-dans-la-clairiere.html


Où résilience rime avec puissance

5 août 2008

Avec force
A. Genêt, encre de Chine, détail.

Citation:
« Examinez la vie des peuples les meilleurs et les plus féconds, et voyez si un arbre qui doit croître vers le haut peut être dispensé des intempéries, des tempêtes: si la défaveur et l’obstacle extérieurs, si des haines, des jalousies, de l’obstination, de la méfiance, de la dureté, de la cupidité et de la violence de quelque sorte que ce soit, ne constituent pas les conditions les plus favorables sans lesquelles une grande croissance, même dans la vertu, est à peine concevable? Le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort – aussi n’a-t-il cure de le considérer comme poison. »
NIETZSCHE, Le Gai savoir


Le désir selon Nietzsche

5 août 2008

No desire
A. Genêt, encre de Chine, détail.

Citation:
« Vouloir » quelque chose, « tendre » à quelque chose, avoir en vue un « but », un « souhait », - toutes choses que je ne connais pas d’expérience. En cet instant même je regarde mon avenir – un avenir sans bornes ! – comme on regarde une mer lisse : aucun désir n’en ride la surface. Je n’ai pas la moindre envie de voir quoi que ce soit devenir autre : moi-même, je ne veux pas devenir autre que je suis… Mais c’est ainsi que j’ai toujours vécu. »

NIETZSCHE, Ecce homo.


La mélancolie

1 août 2008

Citation:
“Si la mélancolie n’existait pas les rossignols roteraient”.

CIORAN, (?)



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