{"id":284,"date":"2009-01-24T10:42:21","date_gmt":"2009-01-24T08:42:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.muzarte.net\/blog\/?p=284"},"modified":"2012-07-12T09:54:57","modified_gmt":"2012-07-12T07:54:57","slug":"limaginaire-et-les-energies-primitives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/?p=284","title":{"rendered":"L&rsquo;imaginaire et les \u00c3\u00a9nergies primitives"},"content":{"rendered":"<p><span lang=\"FR-CH\"><strong>Commentaires inspir\u00c3\u00a9s par la lecture de quelques textes de Kant et de Platon sur l&rsquo;art :<\/strong><\/span><span lang=\"FR-CH\">En reniant nos \u00c3\u00a9nergies primitives, nous perdons la capacit\u00c3\u00a9 de nous relier \u00c3\u00a0 notre imaginaire.<\/span><\/p>\n<p>S&rsquo;il est entendu que ce qui distingue l&rsquo;Homme de l&rsquo;animal, c&rsquo;est sa capacit\u00c3\u00a9 de repr\u00c3\u00a9sentation, il n&#8217;emp\u00c3\u00aache que c&rsquo;est \u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u00a9tat sauvage que se d\u00c3\u00a9voile le g\u00c3\u00a9nie dans l&rsquo;\u00c5\u201cuvre d&rsquo;art et cet \u00c3\u00a9tat sauvage rapproche l&rsquo;Homme de son instinct animal.<\/p>\n<p>A la source de l&rsquo;\u00c5\u201cuvre d&rsquo;art il y a bien une id\u00c3\u00a9ation, soit une repr\u00c3\u00a9sentation mentale, mais c&rsquo;est exclusivement par son intuition, en termes neurologiques l&rsquo;utilisation du cerveau droit, que l&rsquo;artiste se soumet \u00c3\u00a0 son instinct, c&rsquo;est-\u00c3\u00a0-dire \u00c3\u00a0 son g\u00c3\u00a9nie (ce qui rejoint la d\u00c3\u00a9raison de Platon).<\/p>\n<p>Ce que je nomme ici instinct a quelque chose \u00c3\u00a0 voir avec la vacuit\u00c3\u00a9 de la raison, une pleine disponibilit\u00c3\u00a9 aux sens. Depuis la petite enfance, la morale nous enseigne \u00c3\u00a0 devenir plus raisonnables (\u00c3\u00a0 utiliser notre cerveau gauche), plus polic\u00c3\u00a9, plus humain (!)\u00c2\u00a0; ceci se fait au d\u00c3\u00a9triment de notre animalit\u00c3\u00a9 et de nos \u00c3\u00a9nergies sauvages (le dommage fait au fauve par le domptage selon Nietzsche). Ce qui est sauvage et non \u00c3\u00a9duqu\u00c3\u00a9 fait partie des valeurs n\u00c3\u00a9gatives dans nos civilisations jud\u00c3\u00a9o-chr\u00c3\u00a9tiennes, hors l&rsquo;instinct est reli\u00c3\u00a9 aux \u00c3\u00a9nergies sauvages.<\/p>\n<p>A la naissance, nous sommes livr\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 nos sens, les images qui prennent place dans notre cerveau immature sont puissantes, voire violentes, parce qu&rsquo;elles ne sont pas accompagn\u00c3\u00a9es de mots, elles ne sont pas d\u00c3\u00a9cod\u00c3\u00a9es par le cortex. L&rsquo;imagination a ici libre cours, les images occupent toute la place. Le nouveau-n\u00c3\u00a9 vient au monde dans une d\u00c3\u00a9pendance totale, il doit passer par une phase de grande vuln\u00c3\u00a9rabilit\u00c3\u00a9 pendant cette p\u00c3\u00a9riode o\u00c3\u00b9 il est domin\u00c3\u00a9 par ses sens. La psychanalyse nous a appris qu&rsquo;\u00c3\u00a0 mettre des mots sur les \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a8nements nous r\u00c3\u00a9duisons consid\u00c3\u00a9rablement leur impact sur nos affects.<\/p>\n<p>Au commencement ressenti et vuln\u00c3\u00a9rabilit\u00c3\u00a9 sont indissociables et si la plupart d&rsquo;entre nous cherche \u00c3\u00a0 \u00c3\u00aatre le moins vuln\u00c3\u00a9rable possible et \u00c3\u00a0 se pr\u00c3\u00a9munir des \u00c3\u00a9motions violentes, les artistes, eux sont d&rsquo;une autre esp\u00c3\u00a8ce. L&rsquo;\u00c3\u00a9motion est leur mati\u00c3\u00a8re premi\u00c3\u00a8re.<\/p>\n<p>L&rsquo;artiste cherche \u00c3\u00a0 exprimer le produit de son imagination, \u00c3\u00a0 se donner \u00c3\u00a0 \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0re-conna\u00c3\u00aetre\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb et \u00c3\u00a0 offrir en partage quelque chose d&rsquo;\u00c3\u00a9motionnel qui l&rsquo;habite. Pour que ce ressenti ait une chance de se transformer en production originale, l&rsquo;artiste puise son inspiration premi\u00c3\u00a8re dans la masse brute de son imaginaire, dans la partie inculte de son cerveau, celle que la raison n&rsquo;a pas censur\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p>Quelle que soit la nature du g\u00c3\u00a9nie, c&rsquo;est en se livrant \u00c3\u00a0 une instance reli\u00c3\u00a9e \u00c3\u00a0 la toute petite enfance, telle l&rsquo;acuit\u00c3\u00a9 r\u00c3\u00a9ceptive d&rsquo;un nouveau-n\u00c3\u00a9 que l&rsquo;artiste peut atteindre son espace de cr\u00c3\u00a9ation.<\/p>\n<p>Celui qui pr\u00c3\u00a9tend \u00c3\u00aatre visit\u00c3\u00a9 par le g\u00c3\u00a9nie se doit d&rsquo;\u00c3\u00aatre en position de totale r\u00c3\u00a9ceptivit\u00c3\u00a9 et de grande sensibilit\u00c3\u00a9, il en devient ainsi plus atteignable. Plus la capacit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 supporter l&rsquo;ins\u00c3\u00a9curit\u00c3\u00a9 engendr\u00c3\u00a9e par cette ouverture est grande, plus il y a d&rsquo;espace pour la sensibilit\u00c3\u00a9 artistique.<\/p>\n<p>Celui qui se trouve dot\u00c3\u00a9 d&rsquo;un tel talent l&rsquo;a-t-il re\u00c3\u00a7u dans son jeune \u00c3\u00a2ge, lors qu&rsquo;il \u00c3\u00a9tait dans une sorte d&rsquo;\u00c3\u00a9tat de vacuit\u00c3\u00a9, le g\u00c3\u00a9nie tel un dieu de l&rsquo;Olympe se glissant dans la br\u00c3\u00a8che\u00c2\u00a0offerte ?<\/p>\n<p>Faut-il que la souffrance accompagne n\u00c3\u00a9cessairement la cr\u00c3\u00a9ation\u00c2\u00a0?<\/p>\n<p>Est-il \u00c3\u00a9galement possible \u00c3\u00a0 force de r\u00c3\u00aaverie de livrer son esprit \u00c3\u00a0 un g\u00c3\u00a9nie\u00c2\u00a0?<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00c3\u00a9tat de r\u00c3\u00aaverie est-il ligot\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la nostalgie\u00c2\u00a0?<\/p>\n<p>(\u00c3\u00a0 suivre&#8230;)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Commentaires inspir\u00c3\u00a9s par la lecture de quelques textes de Kant et de Platon sur l&rsquo;art :En reniant nos \u00c3\u00a9nergies primitives, nous perdons la capacit\u00c3\u00a9 de nous relier \u00c3\u00a0 notre imaginaire. S&rsquo;il est entendu que ce qui distingue l&rsquo;Homme de l&rsquo;animal, c&rsquo;est sa capacit\u00c3\u00a9 de repr\u00c3\u00a9sentation, il n&#8217;emp\u00c3\u00aache que c&rsquo;est \u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u00a9tat sauvage que se d\u00c3\u00a9voile [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[5,28],"tags":[],"class_list":["post-284","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-de-musarde","category-philo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=284"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/284\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":304,"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/284\/revisions\/304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.muzarte.net\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}