Technique du bronze à la cire perdue en modelage direct

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Démarche

La lithographie ou la gravure sont des techniques d’imprimerie alors que la « lithographie originale » et la « gravure originale » sont des moyens de créations artistiques qui utilisent les techniques d’imprimerie précitées. Il en va de même pour « le bronze à la cire perdue en modelage direct» : c’est un moyen de création qui utilise la technique industrielle de la fonderie à la cire perdue. Maîtriser de A à Z la création et la réalisation d’une œuvre, permet d’aller beaucoup plus loin dans son accomplissement, cela nous autorise des prises de risques « technico-artistiques » que la plupart des fondeurs d’art n’osent pas prendre (ce qui est logique).

Processus

Le point de départ est un modelage en cire malléable. Il a la spontanéité de tous les modelages. Pour les petites pièces (moins de 20cm) le modelage se fait généralement sans armature, au-delà de cette dimension, la cire, n’ayant pas une rigidité suffisante il est nécessaire de la « monter » sur une armature en cuivre ou en laiton, elle disparaîtra au moment de la coulée. Ce modelage, pour être coulé doit être préalablement « équipé » des canaux techniques nécessaires à « l’entrée » du métal et à l’évacuation des gaz. Pour confectionner le moule, cet ensemble, sera noyé dans une « potée » (personnellement, j’utilise un plâtre réfractaire de ma composition.) Il est possible de trouver, dans le commerce différentes variétés de réfractaire prêt à l’emploi. Ce moule est dans un premier temps «déciré » à la vapeur, puis il est cuit à une température de 800°C, afin de conserver un maximum de calories donc de fluidité au métal, il est sorti chaud du four (entre 300 et 400°C). Au moment de la coulée, pour résister à la pression du bronze, le moule est calé par du sable dans un châssis métallique. Le bronze entre dans le moule par le cône de coulée (une sorte d’entonnoir), il descend par le canal de coulée, il entre dans la sculpture par son point bas pour remonter à l’intérieur. En remontant le métal se refroidit, il est nécessaire de « nourrir » la sculpture avec du bronze chaud, cette alimentation est faite par des canaux ascendants qui relient le canal de coulée à la sculpture : Ce sont les jets, ils sont placés selon des orientations et une fréquence qui varie en fonction de la forme de la sculpture. En plus de l’air contenu dans le moule, la coulée produit des gaz, ils sont évacués par les « évents », ils sont généralement placés à l’opposé des jets ainsi que sur tous les points hauts de la sculpture. Le point de fusion du bronze est légèrement supérieur à 900°c. Il est fondu dans un creuset. Pour une question de fluidité, la coulée se fait à une température de1200°c. Après refroidissement le moule est retiré du châssis, il est cassé, la sculpture réapparaît, les canaux techniques ayant été remplis de bronze : il faut les tronçonner, et faire disparaître bavures et diverses imperfections (c’est le surfaçage). On termine le processus par la patine.

Il est important de souligner que cette pratique comporte des dangers. Il me semble opportun de démentir une légende aussi folklorique que dangereuse : le bronze à la cire perdue ne se coule jamais directement sur la cire. Si quelqu’un tentait l’expérience, la réalité serait la suivante : dans un espace fermé, en une fraction de seconde, la cire passerait d’un état solide à un état gazeux inflammable, la brutale augmentation de pression qui en résulterait provoquerait une explosion : c’est la définition d’une bombe (la même réaction se produirait avec des métaux « à bas points de fusion »).

James BAYLE

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