Archive for janvier, 2009

André Marastoni, sculpteur et ami

samedi, janvier 24th, 2009

Concours international de sculpture sur glace à Valloire, janvier 2009

« L’arbre cosmique », l’oeuvre d’André Marastoni a obtenu le 2ème prix du Jury ex-aequo et le 2ème prix du Jeune Public:

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Le premier prix du Jury a été décerné à l’Américain Steuart Bremner avec « Promises » qui a également obtenu le 1er prix des Artistes et le 2ème prix du Public :

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L’imaginaire et les énergies primitives

samedi, janvier 24th, 2009

Commentaires inspirés par la lecture de quelques textes de Kant et de Platon sur l’art :En reniant nos énergies primitives, nous perdons la capacité de nous relier à notre imaginaire.

S’il est entendu que ce qui distingue l’Homme de l’animal, c’est sa capacité de représentation, il n’empêche que c’est à l’état sauvage que se dévoile le génie dans l’Å“uvre d’art et cet état sauvage rapproche l’Homme de son instinct animal.

A la source de l’Å“uvre d’art il y a bien une idéation, soit une représentation mentale, mais c’est exclusivement par son intuition, en termes neurologiques l’utilisation du cerveau droit, que l’artiste se soumet à son instinct, c’est-à-dire à son génie (ce qui rejoint la déraison de Platon).

Ce que je nomme ici instinct a quelque chose à voir avec la vacuité de la raison, une pleine disponibilité aux sens. Depuis la petite enfance, la morale nous enseigne à devenir plus raisonnables (à utiliser notre cerveau gauche), plus policé, plus humain (!) ; ceci se fait au détriment de notre animalité et de nos énergies sauvages (le dommage fait au fauve par le domptage selon Nietzsche). Ce qui est sauvage et non éduqué fait partie des valeurs négatives dans nos civilisations judéo-chrétiennes, hors l’instinct est relié aux énergies sauvages.

A la naissance, nous sommes livrés à nos sens, les images qui prennent place dans notre cerveau immature sont puissantes, voire violentes, parce qu’elles ne sont pas accompagnées de mots, elles ne sont pas décodées par le cortex. L’imagination a ici libre cours, les images occupent toute la place. Le nouveau-né vient au monde dans une dépendance totale, il doit passer par une phase de grande vulnérabilité pendant cette période où il est dominé par ses sens. La psychanalyse nous a appris qu’à mettre des mots sur les évènements nous réduisons considérablement leur impact sur nos affects.

Au commencement ressenti et vulnérabilité sont indissociables et si la plupart d’entre nous cherche à être le moins vulnérable possible et à se prémunir des émotions violentes, les artistes, eux sont d’une autre espèce. L’émotion est leur matière première.

L’artiste cherche à exprimer le produit de son imagination, à se donner à « re-connaître » et à offrir en partage quelque chose d’émotionnel qui l’habite. Pour que ce ressenti ait une chance de se transformer en production originale, l’artiste puise son inspiration première dans la masse brute de son imaginaire, dans la partie inculte de son cerveau, celle que la raison n’a pas censuré.

Quelle que soit la nature du génie, c’est en se livrant à une instance reliée à la toute petite enfance, telle l’acuité réceptive d’un nouveau-né que l’artiste peut atteindre son espace de création.

Celui qui prétend être visité par le génie se doit d’être en position de totale réceptivité et de grande sensibilité, il en devient ainsi plus atteignable. Plus la capacité à supporter l’insécurité engendrée par cette ouverture est grande, plus il y a d’espace pour la sensibilité artistique.

Celui qui se trouve doté d’un tel talent l’a-t-il reçu dans son jeune âge, lors qu’il était dans une sorte d’état de vacuité, le génie tel un dieu de l’Olympe se glissant dans la brèche offerte ?

Faut-il que la souffrance accompagne nécessairement la création ?

Est-il également possible à force de rêverie de livrer son esprit à un génie ?

L’état de rêverie est-il ligoté à la nostalgie ?

(à suivre…)

Nietzsche et l’art

samedi, janvier 24th, 2009

« … (L’art, disons-le par anticipation, car j’y reviendrai plus longuement une autre fois, –  l’art, en quoi le mensonge se sanctifie, en quoi la volonté de tromper a la bonne conscience de son côté, s’oppose à l’idéal ascétique bien plus fondamentalement que la science : c’est ainsi que le ressentit l’instinct de Platon, le plus grand ennemi de l’art que l’Europe ait jamais connu. Platon contre Homère: voilà le vrai, le total antagonisme – d’un côté le volontaire de « l’au-delà« , le grand calomniateur de la vie; de l’autre celui qui ne peut en être que l’adorateur, la nature d’or. C’est pourquoi l’assujettissement de l’artiste à l’idéal ascétique est le comble de la corruption artistique, malheureusement l’une des plus communes : car rien n’est plus corruptible qu’un artiste.) Même au point de vue physiologique, la science repose sur les mêmes bases que l’idéal ascétique : l’un et l’autre supposent un certain appauvrissement de la vie, le refroidissement des sentiments, le ralentissement du rythme, la substitution de la dialectique aux instincts, le sérieux pénétrant les mimiques et les gestes (le sérieux, signe infaillible d’une difficulté accrue des échanges, d’un mauvais fonctionnement de la vie)… »

NIETZSCHE, « La généalogie de la morale », Que signifient les idéaux ascétiques?
éditions Folio, p. 184.