Archive for septembre, 2008

Puisqu’il est question d’entéléchie…

vendredi, septembre 26th, 2008

[photopress:DSC_0016web.jpg,full,pp_image]
A. Genêt, encre de Chine, détail.Citation:

« Au fond j’ai en horreur toutes ces morales qui disent: « Ne fais point ceci! – Renonce! Surmonte-toi! » – en revanche j’obéirai volontiers aux morales qui me poussent à agir et à agir à nouveau, quitte à ne rêver du matin au soir et la nuit durant que de cela, à ne penser à rien sinon à faire bien et aussi bien qu’il m’est, à moi seul possible de le faire! Qui vit ainsi se détache sans cesse de telle ou telle chose qui ne rentrerait pas dans pareille vie: sans haine ni répugnance, il voit aujourd’hui ceci, demain cela se séparer de lui, pareil aux feuilles jaunies que le moindre souffle un peu vif ôte à l’arbre: ou encore, il ne s’aperçoit pas même de cette séparation, tant son oeil ne fixe rigoureusement que le but, ne regardant absolument que devant soi, et jamais de côté, ni en arrière, ni vers le bas.  » Notre faire doit déterminer ce que nous omettons; en faisant, nous omettons – ainsi il me plaît, ainsi dit mon placitum. » Mais je me refuse à aspirer consciemment à mon appauvrissement, je n’aime aucune de ces vertus négatives dont le désaveu et l’abnégation de soi constituent l’essence. »

NIETZSCHE, Le Gai Savoir.

Les cartes postales des vacances

lundi, septembre 22nd, 2008

No comment.

[photopress:DSC_0236web.jpg,full,pp_image]

[photopress:DSC_0227web_1.jpg,full,pp_image]

[photopress:DSC_0228_web.jpg,full,pp_image]

[photopress:DSC_0240web.jpg,full,pp_image]

[photopress:DSC_0237web.jpg,full,pp_image]

[photopress:DSC_0232web.jpg,full,pp_image]

Danse sensitive à Annecy

lundi, septembre 15th, 2008

Les ateliers de Gisèle Aguinaga reprennent à partir d’octobre. Toujours chez Artys à Annecy aux dates suivantes:

Le samedi de 14h45 à 19h
– 18 octobre – 31 janvier – 07 mars – 25 avril – 09 mai – 13 juin

Le dimanche de 9h30 à 13h45
– 16 novembre – 14 décembre.

Contact : 06 69 44 78 41 – 04 50 22 84 85 – E.mail : g.aguinagua@tiscali.com

Pour toute autre information cliquez ici.

La rancoeur est une vermine

vendredi, septembre 12th, 2008

[photopress:DSC_0003web.jpg,full,pp_image]
A. Genêt, encre de Chine, détail.

Citation:
« Ne pas pouvoir prendre longtemps au sérieux ses ennemis, ses malheurs et jusqu’à ses méfaits – c’est le signe caractéristique des natures fortes, qui se trouvent dans la plénitude de leur développement et qui possèdent une surabondance de force plastique, régénératrice et curative qui va jusqu’à faire oublier. (Un bon exemple dans ce genre, pris dans le monde moderne, c’est Mirabeau, qui n’avait pas la mémoire des insultes, des infamies que l’on commettait à son égard, et qui ne pouvait pas pardonner, uniquement parce qu’il oubliait). Un tel homme, en une seule secousse, se débarrasse de beaucoup de vermine qui chez d’autres s’installe à demeure. »

NIETZSCHE, Généalogie de la morale.

J’ai lu: Le fil d’une vie, de Goliarda Sapienza

vendredi, septembre 12th, 2008

[photopress:Goliarda_Sapienza.jpg,full,pp_image]

Goliarda est une artiste Sicilienne, elle est comédienne. Le fil d’une vie est un récit autobiographique, celui d’un travail psychanalytique peu ordinaire. C’est une écriture avant tout riche d’images poétiques où se côtoient l’imaginaire, le réel et le rêve sans cloisonnements et sans repères bien évidents pour le lecteur. C’est seulement vers la fin du livre, lorsque la « cure » psychanalytique prend forme que les séquences sont un peu mieux scandées.

Les définitions psychanalytiques y sont prenantes, malgré leur violence, celle imposée aux défenses de la patiente par le médecin est difficilement crédible dans une analyse contemporaine, mais elle appartient aux années 70. Il est également permis de se demander si les interprétations du médecin ne sont pas plutôt filtrées et durcies sous la plume hypersensible de l’auteure.

En cette quarantaine d’années qui nous séparent de ce traitement, la psychanalyse a instauré une plus grande distance dans le transfert et le contre-transfert qui se jouent entre le patient et le thérapeute, et c’est heureux s’il on en juge par le drame qui conclue cette « non cure » et renvoie la patiente à son désespoir suicidaire. 
Dans le récit le médecin semble aussi amoureux que sa patiente et la pénètre brutalement par ses interprétations. La dépendance avec le thérapeute est totale et l’acte sexuel serait peut-être la seule issue libératrice et destructrice d’une telle proximité. A la fin le médecin devient cassant pour échapper à la frustration de ce désir de fusion. Soigner l’autre pour se sauver soi-même? Deux épisodes en font la démonstration, celui où il dit souhaiter qu’elle le gifle, même s’il y met un bémol, et celui où il encourage  la patiente à se  mettre nue pour la rassurer sur sa capacité de plaire. Il est voyeur, elle s’exhibe, là il est difficile de ne pas déceler l’investissement trop personnel du thérapeute. D’ailleurs, c’est à la suite de ces séquences qu’il décide d’interrompre le traitement, il reconnaît son échec. C’est une véritable trahison qui se joue et la relation prend des airs de drame d’opéra. Elle l’aime, il se fait désirer, il l’aime (dit-il) et il s’enfuit, affolé par sa création. Il la condamne par là où il prétend la sauver. Il la fouille, la vide et l’abandonne, dangereux thérapeute. Il approche de trop près le noyau incandescent, l’oeil du volcan, le cratère de vie et la patiente y perd presque la sienne. Il s’égare dans son propre désir de transformer l’autre, qui n’est rien moins que de vouloir le ramener à sa propre dimension. Un soi qui juge la partie malade de l’autre comme nocive, à éradiquer sans retenue.
Ce que peut la psychanalyse ? Se connaître, se reconnaître, s’apprendre et adoucir ainsi sa peine, oui.  L’abandon est moins douloureux si les émotions identifiées se rapportent plus à l’enfance qu’à la réalité. La douleur survient mais son codage s’en trouve amorti. L’emphase dramatique perd de son ampleur. Mais ici, il s’agit d’une artiste et ce sens tragique, cette sensibilité extrême est le souffle vital de son existence, on ne peut la lui enlever sans lui ôter son identité. Cette expérience lui aura probablement offert un peu d’espace vital, mais à quel prix? Ceci étant, Goliarda Sapienza en aura fait son miel en bonne artiste qu’elle est. Ce très fort récit autobiographique en est la preuve.

Avec Goliarda, rien n’est vécu dans la modération, tout avec elle est porté au paroxysme, la vie est toujours très proche de la mort. Le style d’écriture très libre est un peu difficile à suivre, mais le lecteur se trouve récompensé de son effort. Goliarda pose des images d’enfance indélébiles, des sensations, des goûts, des couleurs, des lumières, des émotions, de la chair et du sang, mais aussi de l’histoire. On ne peut mieux pénétrer dans une famille sicilienne intellectuelle pendant la période fasciste, que par la voix de cette petite fille dont l’expressionnisme est total. 

Editions Viviane Hamy / février 2008.

La culture de soi

vendredi, septembre 12th, 2008

[photopress:DSC_0007web.jpg,full,pp_image]
A. Genêt, encre de Chine, détail.

Citation :
« Avoir des sens et un goût plus affinés, être habitué à ce qu’il y a de plus recherché et de meilleur, comme à sa vraie nourriture naturelle, jouir d’un corps robuste et hardi, destiné à être le gardien et le soutien, plus encore l’instrument d’un esprit plus robuste encore, plus téméraire, plus amoureux du danger: qui ne voudrait posséder un tel bien, vivre un pareil état! Mais il ne faut pas se le dissimuler, avec un tel lot, dans un pareil état, on est l’être le plus apte à la souffrance qui soit sous le soleil et c’est à ce prix seulement qu’on acquiert cette distinction rare d’être aussi l’être le plus apte au bonheur qui soit sous le soleil. Sur un tel homme se déversent comme un interminable tourbillon de neige toutes les variétés de la souffrance, et sur lui s’abattent les foudres les plus violentes de la douleur. C’est à la condition de demeurer toujours ouvert de toute part et perméable jusqu’au fond à la douleur qu’il peut s’ouvrir aux variétés les plus délicates et les plus hautes du bonheur; car il est l’organe le plus sensible, le plus irritable, le plus sain, le plus variable et le plus durable de la joie et de tous les ravissements raffinés de l’esprit et des sens. »

NIETZSCHE, Volonté de Puissance, 2, p. 361

Le domptage du fauve

jeudi, septembre 11th, 2008

[photopress:DSC_0012web.jpg,full,pp_image]
A. Genêt, encre de Chine, détail

Citation:
« Pour juger équitablement de la morale, il nous faut la remplacer par deux concepts zoologiques: le domptage du fauve et la sélection d’une race définie. 

Les prêtres, de tout temps, ont prétexté qu’ils voulaient « améliorer » l’homme… Mais nous ririons, nous autres, si un dompteur voulait nous parler de ses animaux « améliorés ». Le plus souvent, le domptage du fauve s’obtient par un dommage fait au fauve: l’homme moral non plus n’est pas un homme meilleur, mais un homme débilité. Mais il est moins nuisible… »

NIETZSCHE, La Volonté de Puissance.